
Du dessin au visage — Comment une monture TARIAN est fabriquée
Tout commence par une plaque d'acétate.
Pas un mood board. Pas un rapport de tendances. Une matière physique, choisie pour sa couleur et sa profondeur, tenue dans la main, présentée à la lumière. Chez TARIAN, le processus créatif commence par la matière — parce que la matière détermine ce que la monture peut devenir avant que quoi que ce soit d'autre soit décidé.
Près de la moitié des acétates utilisés par TARIAN sont développés exclusivement pour la marque. Leurs couleurs, transparences et profondeurs n'existent nulle part ailleurs. C'est la première contrainte — et la première décision créative.
Le dessin
Jérémy Miklitarian travaille dans un atelier au 50 rue des Tournelles, dans le Marais, dans un bâtiment du XVIIe siècle à quelques minutes de la Place des Vosges. Il travaille ici depuis 2011.
Chaque monture commence par un dessin, tracé à la main. Le dessin détermine la forme, les proportions, le volume. Ce n'est pas un document technique. C'est une hypothèse — sur la façon dont une forme pourrait s'asseoir sur un visage, comment elle pourrait se mouvoir avec la lumière, comment elle pourrait vieillir.
« Je commence toujours par les matières et la palette de couleurs avant de passer au design. »
Le prototype
Le dessin devient un prototype. Le prototype est testé, ajusté, affiné. Cette étape peut prendre plusieurs mois. L'acétate doit être découpé, façonné, poli — chaque étape à la main, chaque étape révélant si l'hypothèse de départ tient.
Certaines proportions qui semblent justes sur papier paraissent fausses sur un visage. Certaines couleurs qui semblent évidentes isolément deviennent difficiles à côté de la peau. C'est dans le prototype que ces corrections se font — avant que quoi que ce soit soit engagé en production.
La fabrication — Vénétie, Italie
Les montures TARIAN sont fabriquées dans la région de Vénétie, en Italie, par des artisans qui travaillent l'acétate depuis des générations. Entre le premier prototype et la monture finie qui arrive à l'atelier parisien, six à douze mois s'écoulent. La matière a besoin de temps pour sécher. Le processus ne peut pas être abrégé.
Chaque monture est sculptée, pas moulée. Polie, pas revêtue. La charnière flex AXIS — sans vis, conçue pour suivre la forme du visage et absorber ses mouvements — est montée à la main. Le poids se répartit sur l'ensemble de la monture. Rien ne force. Rien ne serre.
500 pièces numérotées
Chaque modèle TARIAN est produit en une série maîtrisée de 500 pièces. Chacune est numérotée individuellement. Ce n'est pas un geste vers l'exclusivité. C'est la conséquence naturelle du processus : lorsque les montures sont faites à la main, à partir de matières qui prennent du temps, par des artisans dont l'expertise ne peut être étendue sans perdre quelque chose, le nombre est simplement ce qu'il est.
500 pièces. Chacune numérotée. La numérotation n'est pas un dispositif marketing — c'est l'enregistrement d'une façon de travailler.
La monture sur le visage
La monture qui arrive n'est pas le dessin. C'est ce que le dessin est devenu après avoir traversé la matière, les mains, le temps. Elle s'installe sur le visage et, si le travail a été bien fait, y disparaît — présente sans s'annoncer, remarquée quand elle est absente.
C'est à cela que sert le processus.

